Coordination Hospitalière pour le Don d'Organes et de Tissus (CHPOT)

Coordination Hospitalière pour le Don d'Organes et de Tissus (CHPOT)

Présentation générale

1. Toute une chaine de professionnels pour sauver des vies

Le don d’organes et de tissus est un acte de solidarité essentiel. Actuellement en France, 66000 personnes vivent grâce à un organe greffé.

La greffe d’organes est un acte médical de la dernière chance qui sauve des vies.

Les receveurs bénéficiant de ce don sont des personnes malades pour lesquelles il n’existe pas d’autres traitements possibles. Dans certains cas, des traitements existent mais sont extrêmement lourds pour les patients (par exemple la dialyse) et la greffe va grandement améliorer leur qualité de vie.

Les organes le plus souvent greffés sont :

  • Le rein
  • Le foie
  • Le cœur
  • Le poumon
  • Le pancréas

La greffe de tissus a également un grand intérêt :

  • La greffe de cornée (fine membrane à la surface de l’œil, semblable à une lentille de contact) permet de redonner la vue.
  • La greffe de vaisseaux permet de reconstituer des fistules de dialyse ou d’éviter une amputation en cas d’infection de prothèse.
  • La greffe de tissus osseux permet de traiter des cancers osseux ou des fractures complexes.
  • La greffe d’épiderme permet de sauver des grands brûlés.
  • La greffe de valves cardiaques permet de traiter des insuffisances valvulaires ou des malformations.

 

 

 

 

2. En parler, c’est déjà agir !

Que dit la loi ?

En France, le don d’organes et de tissus est basé sur 3 principes fondamentaux :

  • Le consentement présumé, depuis la loi Caillavet de 1976
  • La gratuité
  • L’anonymat entre le donneur et le receveur

Qui est donneur ?

  • Toute personne décédée de mort encéphalique (appelée également mort cérébrale) dans un service de réanimation peut faire don de ses organes et de ses tissus. La mort encéphalique correspond à la destruction totale et irréversible du cerveau. Elle est attestée par deux médecins et confirmée par des examens complémentaires. La mort cérébrale concerne moins de 1% des décès intra-hospitaliers par an en France. En 2024, ce sont 1544 donneurs qui ont permis de greffer plus de 6000 personnes.
  • Les donneurs issus de la catégorie III de Maastricht, décédés en service de réanimation lorsqu’une décision d’arrêt des traitements est actée (la vie n’étant maintenue que par des manœuvres de réanimation, sans espoir d’amélioration). Cette procédure n’est envisagée que pour les patients de moins de 71 ans.

En 2024, ce sont 307 donneurs qui entraient dans cette catégorie.

  • Tout patient décédé à l’hôpital peut faire don de ses tissus et notamment de ses cornées.
  • Le don du vivant est également possible, mais il concerne essentiellement la greffe rénale.

Les enfants mineurs bénéficient d’un statut de donneur spécifique, différent de celui des adultes. Une autorisation écrite de chaque personne exerçant l’autorité parentale ou du tuteur légal est obligatoire.

Un seul donneur peut sauver ou améliorer la vie d’une ou plusieurs personne(s) malade(s). Il existe très peu de contre-indications de principe. La possibilité du don est évaluée au cas par cas, et à tous les âges.

Qui est receveur ?

  • Ce sont des malades pour lesquels il n’existe plus aucune autre alternative thérapeutique et qui sont inscrits sur la liste nationale d’attente.
  • Environ, 28000 personnes sont en attente d’un greffon chaque année en France et environ 1000 personnes décèdent chaque année sur cette liste faute de greffon.

L’important, c’est d’en parler !

Comme le prévoit la loi, l’équipe médicale et la coordination s’entretiennent systématiquement avec l’entourage du défunt pour recueillir sa non opposition au don de son vivant. Lorsque la question se pose et que le sujet n’a jamais été abordé, l’entourage se sent malheureusement décisionnaire. Dans plus d’un tiers des cas, de peur de ne pas honorer une volonté ignorée, il s’oppose à cette démarche.

 

80% de la population française se dit favorable au don d’organes et de tissus.

Or, le taux d’opposition au prélèvement est de 36,4 % en France en 2024.

1 Français sur 2 pense que le prélèvement d’organes et de tissus n’est pas compatible

avec les rites funéraires religieux.

Or, les principales religions monothéistes pratiquées en France reconnaissent et autorisent

le don d’organes, dès lors qu’il s’agit de sauver des vies.

Le prélèvement n’empêche pas de réaliser les funérailles selon les traditions de chacun.

 

 

3. L'activité au CHU de Reims

Au CHU de Reims, grâce aux donneurs et à toute la chaine des professionnels impliqués, des prélèvements d’organes et de tissus peuvent s’effectuer chaque année à destination de receveurs de toute la France, inscrits sur la liste nationale d’attente des receveurs.

Le CHU de Reims est en lien avec les établissements de son réseau de proximité : les CH d’Epernay, de Rethel, de Châlons et de la polyclinique de Bezannes pour l’identification et la prise en charge de donneurs potentiels de ces établissements.

Le CHU de Reims est le seul établissement de la Région Champagne Ardenne autorisé à la greffe rénale. Des greffes de tissus y sont également réalisées : cornées, tissus osseux et tissus vasculaires.

 

4. Quand et comment la Coordination intervient-elle ?

Pour le don d’organes, l’infirmier de Coordination accompagne le donneur dans toutes les étapes du don depuis le diagnostic de mort encéphalique jusqu’à la restitution du corps au service funéraire.

Tout patient décédé à l’hôpital est potentiellement donneur de tissus et plus particulièrement de cornées, l’infirmier de Coordination peut être amené à contacter les proches si le défunt est un donneur potentiel, dans les heures qui suivent le décès.

L’équipe de la Coordination est présente pour expliquer, rassurer et soutenir les proches. Elle les accompagne tout au long de la démarche de don et elle est garante du plus grand respect apporté au patient décédé.

 

5. Comment se passe une démarche de don ?

Toutes les informations sont disponibles dans les livrets rédigés par la Coordination Hospitalière :

  • Livret donneur en ME
  • Livret donneur Maastricht III
  • Livret donneur de Tissus

 

6. L’équipe de la Coordination Hospitalière (CHPOT) du CHU de Reims

La CHOPT est une équipe de professionnels se composant de médecins ainsi que d’infirmier(es). Une formation spécifique auprès de l’Agence de la Biomédecine est indispensable. En effet, la prise en soins globale du patient et de sa famille tout au long du processus du don demande des connaissances spécifiques, ainsi qu’un strict respect de la législation en vigueur.

Cependant, le binôme médecin-infirmier ne travaille pas de manière isolée. Il recherche, bien au contraire, à développer un véritable travail d’équipe avec tous les professionnels impliqués, et ils sont nombreux.

Ses missions sont encadrées par l’Agence de la Biomédecine, qui dépend du Ministère de la Santé.

Tous ces professionnels de santé veillent au bon déroulement du prélèvement d’organes et de tissus dans le respect des règles de bonnes pratiques de l’Agence de la Biomédecine et pour la réussite des greffes.

Rôle de la Coordination Hospitalière :

  • L’accueil et l’accompagnement des proches en deuil, tout au long de la démarche
  • Le recueil de la non-opposition du défunt au don d’organes et de tissus (exprimée de son vivant)
  • La recherche des antécédents du donneur et des éléments de sécurité sanitaire, pour s’assurer de ne pas transmettre de maladie au receveur
  • Le maintien du lien entre tous les acteurs de la chaine du don et de la greffe
  • L’organisation logistique du prélèvement d’organes au bloc opératoire puis du transport des greffons
  • La restitution du corps du défunt aux proches à la fin de l’intervention (tout prélèvement fait l’objet d’une reconstruction soigneuse, dans le respect du corps de la personne décédée).
  • A l’issue du don, les proches peuvent être informés du résultat des greffes s’ils le souhaitent, et les receveurs peuvent également écrire un courrier de remerciement pour le donneur et ses proches, dans le strict respect de l’anonymat.

La CHPOT a également pour mission d’informer tous les professionnels de santé susceptibles d’intervenir dans une démarche de don, et de sensibiliser le grand public au don d’organes et de tissus.

Dans ce cadre, sont organisées :

  • Différentes formations au sein de l’établissement, du réseau, des écoles paramédicales et de la faculté de médecine.
  • La Journée du 22 juin : Journée nationale de réflexion sur le don d'organes et la greffe, et de reconnaissance aux donneurs
  • La journée du 17 octobre : Journée mondiale du don d'organes et de la greffe

Des événements sont organisés partout en France à l’occasion de ces 2 journées.

  • Un monument rendant hommage aux donneurs et à leurs proches sera bientôt érigé sur le parvis de l’Hôpital Christian Cabrol, ainsi qu’une fresque de Street Art sur un mur de la Faculté de médecine).
  • Une reconnaissance comme Ville ambassadrice du Don d’Organes (VADO) le 20 juin 2025

 

 

 

7. Comment faire si on est opposé au don d’une partie ou de tous ses organes et tissus ?

La loi de 2016 n’a fait que renforcer le principe du consentement présumé.
Ainsi, pour manifester son opposition totale ou partielle, il existe 3 possibilités :

  • S’inscrire sur le Registre National des Refus (RNR), de façon totale ou partielle, cette possibilité étant donnée dès l’âge de 13 ans. Le RNR est obligatoirement interrogé au moment du décès.
  • Exprimer votre refus par écrit et confier ce document à vos proches qui pourront le remettre aux équipes soignantes (votre nom, prénom, date de naissance doivent apparaître sur ce document, qui doit également être daté et signé par vos soins).
  • En parler à ses proches car c’est vers eux que l’équipe de la Coordination Hospitalière se tournera, au moment du décès, pour rechercher un témoignage de l’opposition exprimée du vivant par la personne défunte.

Après le constat du décès, le Registre National des Refus est obligatoirement interrogé.
 

8. Annexes

 

 

 

Le ruban vert est le symbole international de la gratitude exprimée à tous les donneurs d’organes et de tissus et d’espoir pour les patients en attente de greffe.

 

 

Mots-clés : CHPOT, coordination, don d'organes, don de tissus